On s’en doute, les frissons ont été bien plus intenses dimanche 27 septembre au Golf National. Tom Vaillant s’était ainsi retrouvé seul deuxième du FedEx Open de France, cinq coups derrière Matthew Fitzpatrick, à l’orée du dernier tour. Soutenu par un public très nombreux et tout acquis à sa cause, le Français avait tout tenté. Pas assez, hélas, pour barrer la route de l’Anglais, impressionnant autour et sur les greens, même si beaucoup moins dans son long jeu.

« Je retiens que le public français a été exceptionnel avec moi, résume encore aujourd’hui l’Azuréen. Je ne pensais pas vivre ça un jour dans ma vie et voilà, ils m’ont montré énormément de soutien, énormément d’amour et franchement, c’était légendaire de vivre ça. Je leur serai reconnaissant à vie du dimanche qu’ils m’ont fait vivre. »

Lucide sur son dernier tour joué auprès du n° 4 mondial, le protégé de Jean-François Lucquin ne s’est jamais mis en position de pouvoir l’emporter face au niveau de jeu proposé par son adversaire, trois fois victorieux cette saison sur le PGA Tour.

« Honnêtement, je n’ai jamais trop senti que je pouvais gagner le tournoi, reconnaît-il. J’avais cinq coups de retard sur le quatrième meilleur joueur de la planète. Je me suis juste dit de passer un bon dimanche, de taper les coups à fond et de m’amuser. Et après si ça venait, ça venait mais je ne pouvais pas forcer mon jeu contre un gars aussi fort. »

« Je ne suis pas trop bavard sur un parcours, prévient-il encore. Donc non, je n’ai pas trop discuté avec lui durant ce dernier tour. Il y avait déjà assez de tension et de travail à effectuer. On s’est quand même croisé à la remise des prix quand on était avec Matthieu Pavon sur le green du 18 à recevoir les prix des meilleurs Français. On l’a félicité encore une fois. Et puis voilà. On s’est de nouveau croisés la semaine dernière, et on se recroisera encore je pense… Après avoir joué et partagé des moments comme ça avec des joueurs de ce calibre, ils sont beaucoup plus ouverts à discuter avec nous. »

 
 

Huit semaines de compétition

 
 

Soixante-troisième de la Race, Tom Vaillant a coché les deux prochains tournois au programme de cette fin de saison sur le Tour européen : Espagne et Inde. Mais pas la Corée du Sud. Pour quelles raisons ?

« Après ces deux tournois, je rentre chez moi pour préparer Abou Dabi (5-8 novembre). Là, c’est déjà ma septième semaine d’affilée et la semaine prochaine, ce sera la huitième. Il est temps un peu de couper, surtout après l’ascenseur émotionnel que j’ai pu vivre à Paris, qui est une dose d’adrénaline et d’émotion tellement forte que la redescente est, disons-le, un peu dure au niveau énergie. J’essaie un peu de me préserver, de faire les choses avec un peu de légèreté et de profiter de ce que j’ai pu vivre, de surfer un peu sur ça parce que c’était incroyable. Profiter aussi du fait que je me sens très bien dans mon jeu parce que ce sont des périodes agréables et qu’il faut le souligner. »

Bien évidemment, l’objectif final de cette campagne 2026-27 du DP World Tour, qui n’a pas toujours été facile, est d’accrocher le top 50 et de prendre part à une première finale sur l’Earth Course du Jumeirah Golf Estates, à Dubaï.

« L’objectif, c’est de grappiller des points, juge-t-il. Je sais qu’il faudra un tout petit peu moins de 1000 points pour aller à Dubaï. Là, j’en ai 800 (803,01 exactement). Donc ça veut dire qu’il me manque environ 200 points. À moi de faire le nécessaire durant ces deux prochaines semaines pour ensuite, à Abou Dabi (regroupant le top 70 de la Race), aller chercher une immense performance pour me qualifier pour Dubaï. Ou finir le plus haut possible à la Race car ça peut aussi ouvrir des portes la saison prochaine. »

 
 
Pour le moment, c’est ma meilleure saison depuis que je suis sur le Tour. Tous les ans, ça progresse.
 
 

Deux cents points pour l’actuel 271e joueur mondial, c’est une 4e ou une 5e place « tout seul » en Espagne. Ou « plus ou moins deux top 10 » dans les quinze prochains jours. « Après, sur les Rolex Series, je ne sais pas combien ça représente, je n’en ai pas joué des masses, conclut-il. Et je ne me suis jamais trop mis dans ces positions-là. Mais voilà, déjà mettre des points ces deux prochaines semaines, préparer Abou Dabi avec de la sérénité parce que je joue bien et ensuite… Aux Play-Offs, tout peut se passer. Donc, c’est du bonus. »

« J’ai beaucoup oscillé cette année entre la 50e et la 80e place de la Race. Pour le moment, c’est ma meilleure saison depuis que je suis sur le Tour. Tous les ans, ça progresse. Je me mets de plus en plus en position de gagner. À l’Open de France, j’ai fait une semaine entière en étant tout en haut du leaderboard. Tout cela prouve qu’on travaille bien avec mon staff. »

* Les professionnels disputent une épreuve individuelle en stroke-play, selon le format habituel d’une semaine sur le DP World Tour, mais participent également à une compétition de type pro-am avec leur partenaire, où est retenu le meilleur score net de la paire (professionnel ou amateur) sur chaque trou. Les amateurs bénéficient d’un ajustement de coups reçus équivalent aux deux tiers de leur handicap officiel, dans la limite de 18 pour les hommes et de 24 pour les femmes.

 

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